MONDES, une exposition d’installations sur invitation d’Hyperwave, dans le cadre de la Wave Week, à Taipei (Taïwan) : Golnaz Behrouznia, Anne-Sophie Emard, Guillaumit …

Commissariat et masterclass : Gabriel Soucheyre / VIDEOFORMES

La photo n’a pas éteint la peinture, le cinéma n’a pas remplacé le spectacle vivant, la vidéo n’a pas supplanté la performance. L’histoire des formes est faite de ces évolutions bousculées, stimulées à chaque fois par l’arrivée de nouveaux outils, sans que les formes anciennes ne disparaissent — elles se déplacent, se frottent aux nouvelles, s’en trouvent transformées. L’ère du numérique a ceci de particulier qu’au-delà de ses propres productions, elle ne se contente pas de coexister avec les formes préexistantes : elle les altère, les recompose, et parfois les sublime. Dans le monde des arts visuels tout particulièrement — du dessin à la photographie, de la sculpture à l’installation — l’hybridation est rapide, imprévisible, innovante. Elle ouvre ainsi le champ de la création sur de nouveaux mondes, à explorer plutôt qu’à craindre.

DRAMATURGY OF BIOSPHERIC CYCLES

Golnaz Behrouznia en collaboration avec Rémi Boulnois

Création sonore Maxime Corbeil-Perron, 2021/2026

Dans la pénombre, trois formes lumineuses, hypnotiques et mystérieuses sont en métamorphose permanente. Des entités, des formes naturelles émergent pour traverser des par des perturbations, dérégulations, destructions. Puis elles se transforment en artifices, en structures et en architectures, pour repasser à l’état minéral, au végétal, à l’animal. Dramaturgy of Biospheric Cycles est une installation multiforme, composée d’un triptyque cylindrique accroché au mur et autonome en système d’écran, accompagnée par un univers sonore, et qui nous parlent des lois éternelles des cycles de la Biosphère terrestre. Les images de l’installation vidéo sont composées de différentes matières visuelles issues de dessins et conceptions à 2 et 3 dimensions.

© Dramaturgy of Biospheric Cycles, Golnaz Behrouznia

La dramaturgie amène ici l’idée d’une narration, ce que l’œuvre nous raconte au sujet des cycles de la Terre. En sciences de l’écologie, Il y a des processus de transformations cycliques chimiques (de l’eau, de carbone, de l’azote…) qui forment les environnements naturels dans lesquels se retrouve la biosphère. La biosphère c’est l’ensemble des écosystèmes de la Terre comprenant tous les êtres vivants. Ces cycles de Terre créent un équilibre complexe permettant la survie de la Biosphère.

Inspirée par ces cycles de perturbations et destructions, puis par la capacité de régulations de la biosphère, la vidéo de Dramaturgy of Biospheric Cycles est conçue par une seule boucle vidéo. Cette dernière se décline avec un décalage temporel dans le triptyque, sans que le visiteur se rende compte que ce sont les mêmes apparitions. Ainsi l’œuvre est construite par une boucle des cycles imbriqués sans début et fin qui s’entrecroisent entre leurs différentes états et phases pour parler d’une même logique au sein des sphères terrestres, des mêmes cycles, d’une même perturbation, d’une même reprise.

© Dramaturgy of Biospheric Cycles, Golnaz Behrouznia

LES NAGEUSES 

Anne-Sophie Emard 

2011/2015

Deux femmes nagent inexorablement, sans renoncement, face à l’évidence. Aucune progression n’est possible, mais l’espoir demeure : voir la première franchir l’extrémité du cadre à la force de son crawl, et la seconde, affrontant le courant, parvenir à se dresser sur le rocher qu’elle ne peut atteindre.

La composition de ces deux vidéos s’apparente à celle d’un tableau : cadre fixe, couleurs, textures. Anne-Sophie Emard s’inspire souvent de la peinture. Elle détourne ici les codes traditionnels de la baigneuse, habituellement immobile et offerte au regard sur la berge. La femme n’est plus un corps à contempler, mais un corps en mouvement dans un élément. Elle réinscrit ainsi la figure féminine dans le présent.

© Les Nageuses, Anne-Sophie Emard

EAU VIVE 

Guillaumit 

Fresque avec Réalité augmentée, 2021

Eau vive est une fresque géante née d’une résidence de création à Châtel-Guyon, sur la façade des anciens Grands Thermes, et produite par VIDEOFORMES. Guillaumit y déploie son univers joyeux et loufoque, nourri des mosaïques et des faïences qui décorent l’intérieur du bâtiment. Son fil conducteur : l’eau vive, qui circule, apaise et nourrit le vivant. Les détails sont nombreux et le regard se promène d’un motif à l’autre, quel que soit le public. L’œuvre ne s’arrête pas au mur : téléchargez l’application Carnaval augmenté et filmez la fresque avec votre téléphone. En réalité augmentée, elle devient un jeu dans lequel vous devez nourrir une plante.

Création originale : Guillaumit. Code et réalité augmentée : Alexandre Coirier. Musique : Gangpol. Production : VIDEOFORMES, Antony Squizzato et la Route des Villes d’Eaux du Massif Central, dans le cadre du projet « Voyages artistiques avec les Accros du Peignoir ». Avec le soutien de l’ANCT Massif Central et de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. En partenariat avec la Ville de Châtel-Guyon.

Wave Week

Taipei (Taiwan)

24.10 > 04.11.26

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